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Cliniques (kinésithérapie)

Kinésithérapie respiratoire : le guide complet (bébé, adulte, BPCO, post-op)

Kiné respi en 2026 : ce que disent les recos HAS (bronchiolite), GOLD (BPCO) et SPLF. Techniques, déroulé séance, remboursement, accès direct.

· 12 min de lecture
Sommaire· 37 sections

La kinésithérapie respiratoire désigne l'ensemble des techniques manuelles, ventilatoires et de réentraînement à l'effort utilisées par les masseurs-kinésithérapeutes pour traiter les pathologies des voies aériennes et du poumon. En France, son périmètre a profondément évolué depuis les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) de novembre 2019 sur la bronchiolite du nourrisson, qui ne placent plus la kiné de désencombrement parmi les soins recommandés en routine. Cet article fait le point sur ce qui est recommandé en 2026, pour le bébé comme pour l'adulte, à partir des sources institutionnelles françaises (HAS, SPLF, Inserm, Ameli) et internationales (GOLD Report 2024, méta-analyses Cochrane). Il détaille les techniques, le déroulé d'une séance, les indications, le remboursement et les drapeaux rouges qui doivent orienter vers les urgences plutôt que vers le cabinet.

À retenir. La kinésithérapie respiratoire reste centrale chez l'adulte pour la BPCO, la mucoviscidose, le post-opératoire thoracique et abdominal, certaines suites de Covid et l'asthme sévère. Chez le nourrisson présentant une bronchiolite aiguë non compliquée, elle n'est plus recommandée en routine par la HAS depuis 2019. Le traitement repose alors sur le désencombrement rhinopharyngé, le fractionnement des biberons et la surveillance des signes d'aggravation.

1. Qu'est-ce que la kinésithérapie respiratoire ?

1.1 Une discipline du masseur-kinésithérapeute diplômé d'État

La kinésithérapie respiratoire est exercée en France par les masseurs-kinésithérapeutes diplômés d'État (DEMK), inscrits au Répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) et à l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes (CNOMK). La formation initiale (4 ans après une année préparatoire) inclut un socle de kinésithérapie respiratoire, complété pour beaucoup par un diplôme universitaire (DU) de kinésithérapie respiratoire et réanimation, ou par des formations spécifiques en pédiatrie (école Postiaux).

1.2 Trois grands champs d'action

La kiné respi s'organise autour de trois grands axes :
  • le désencombrement bronchique : faciliter l'évacuation des sécrétions chez les patients hypersécrétants (mucoviscidose, DDB, certaines BPCO) ;
  • la ventilation dirigée : optimiser la mécanique ventilatoire (post-opératoire, BPCO en exacerbation, paralysie diaphragmatique) ;
  • le réentraînement à l'effort : restaurer la tolérance à l'exercice et la qualité de vie dans les maladies respiratoires chroniques, dans le cadre de la réhabilitation respiratoire.
Chacun de ces axes repose sur des techniques différentes, sélectionnées en fonction du bilan-diagnostic kinésithérapique (BDK) initial.

1.3 Prescription et accès direct (loi du 19 mai 2023)

La consultation se fait en principe sur prescription médicale (médecin traitant, pneumologue, pédiatre, médecin physique et de réadaptation, chirurgien). La loi n° 2023-379 du 19 mai 2023 a ouvert un dispositif d'accès direct au kiné, sans prescription préalable, dans les structures de soins coordonnés (CPTS, maisons de santé pluri-professionnelles). Le déploiement reste progressif. Pour le cadre général, voir notre article Lombalgie et kiné : le guide complet qui détaille ce dispositif transversal à toutes les spécialités kinés.

2. Les principales techniques de kinésithérapie respiratoire

2.1 L'augmentation du flux expiratoire (AFE)

L'AFE est une technique manuelle introduite en France dans les années 1980 par Guy Postiaux. Elle consiste à accompagner manuellement l'expiration par une compression douce et lente du thorax, dans le but de mobiliser les sécrétions bronchiques vers les voies aériennes supérieures. Largement diffusée en pédiatrie pour la bronchiolite, elle a été remise en question en 2019 par la HAS sur la base de méta-analyses Cochrane (cf. section 3).

2.2 L'expiration lente prolongée (ELPr)

L'ELPr est une technique passive utilisée principalement chez le nourrisson, fondée sur une expiration prolongée et de faible débit, obtenue par une pression manuelle thoraco-abdominale. Comme l'AFE, son bénéfice en routine sur la bronchiolite aiguë n'a pas été démontré.

2.3 Le drainage autogène

Le drainage autogène, développé en Belgique par Chevaillier, est une technique de désencombrement active réalisée par le patient lui-même. Il alterne des phases de respiration à différents volumes pulmonaires pour mobiliser et évacuer les sécrétions. C'est aujourd'hui une technique de référence en mucoviscidose et en DDB chez l'adulte et l'enfant en âge de coopérer.

2.4 La ventilation dirigée et la PEP

La ventilation dirigée consiste à apprendre au patient à utiliser efficacement son diaphragme, à inspirer profondément et à expirer activement. Elle est complétée par des dispositifs à pression expiratoire positive (PEP) (masque PEP, Flutter, Acapella) qui aident au décollement des sécrétions et au maintien des voies aériennes ouvertes.

2.5 Le désencombrement rhinopharyngé (DRP)

Le DRP au sérum physiologique est un geste simple, sûr et recommandé chez le nourrisson encombré. Il est enseigné aux parents et constitue, avec le fractionnement des biberons et la surveillance, le socle de la prise en charge ambulatoire de la bronchiolite simple selon la HAS 2019.

2.6 Le réentraînement à l'effort

Le réentraînement à l'effort vise à restaurer la tolérance à l'exercice : sessions sur cycloergomètre, tapis roulant, marche, renforcement musculaire global. Il est au cœur de la réhabilitation respiratoire en BPCO, conformément au GOLD Report 2024 et aux recommandations SPLF.

2.7 Pour aller plus loin

Le détail des indications par technique fait l'objet de notre article dédié AFE, ELPr, drainage autogène : techniques expliquées.

3. Bronchiolite du nourrisson : ce que dit la HAS 2019

À retenir — Position HAS 2019. Dans la prise en charge du premier épisode de bronchiolite aiguë chez le nourrisson de moins de 12 mois, la HAS ne recommande pas la kinésithérapie respiratoire de désencombrement en routine (techniques AFE, ELPr et clapping notamment), que l'enfant soit pris en charge en ambulatoire ou hospitalisé. La conduite à tenir privilégie le désencombrement rhinopharyngé au sérum physiologique, le fractionnement des biberons, l'hydratation et la surveillance des signes d'aggravation. La kinésithérapie peut être discutée au cas par cas, en présence d'une pathologie sous-jacente (mucoviscidose, dysplasie broncho-pulmonaire, cardiopathie) ou d'un encombrement bronchique majeur documenté.

3.1 Pourquoi ce revirement

Plusieurs méta-analyses Cochrane et études contrôlées publiées entre 2007 et 2017 n'ont pas démontré de bénéfice cliniquement pertinent de l'AFE ou de l'ELPr sur la durée d'hospitalisation, la sévérité ou l'évolution de la bronchiolite simple. Des effets indésirables ont par ailleurs été décrits (vomissements, bradycardies transitoires, plus rarement fractures de côtes).

3.2 Ce qui reste recommandé

Pour la bronchiolite aiguë simple, la HAS 2019 recommande :
  • le DRP au sérum physiologique avant les repas et au coucher ;
  • le fractionnement des biberons (volumes plus petits, plus fréquents) ;
  • la position proclive dorsale à 30° dans certaines situations ;
  • la surveillance des signes d'aggravation par les parents (cf. drapeaux rouges, section 7) ;
  • l'éducation des parents par le médecin de premier recours.

3.3 Cas particuliers où la kiné garde sa place

La kinésithérapie respiratoire peut être discutée au cas par cas, après évaluation médicale, dans les situations suivantes :
  • mucoviscidose ou autre maladie respiratoire chronique sous-jacente ;
  • dysplasie broncho-pulmonaire chez l'ancien prématuré ;
  • cardiopathie congénitale avec retentissement respiratoire ;
  • encombrement bronchique majeur documenté par l'auscultation.

3.4 Pour aller plus loin

Notre satellite dédié Kiné respi bébé bronchiolite : recos HAS 2019 détaille la position éditoriale Mayako, les références scientifiques et les alternatives concrètes pour les parents. Pour les signes d'urgence, voir Bronchiolite bébé : signes d'alerte et urgences.

4. Indications chez l'adulte

4.1 Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)

La BPCO touche environ 3,5 millions de personnes en France selon l'Inserm. La kinésithérapie respiratoire y joue un rôle majeur, recommandé par le GOLD Report 2024 et la SPLF. Elle comprend :
  • le désencombrement bronchique chez les patients hypersécrétants ;
  • la ventilation dirigée en phase d'exacerbation ;
  • la réhabilitation respiratoire structurée, en programme de 6 à 8 semaines.
Pour le détail, voir Kiné respiratoire BPCO : réhabilitation 2026 et Réhabilitation respiratoire : déroulé & prix 2026.

4.2 Mucoviscidose

La mucoviscidose impose un drainage bronchique quotidien, généralement par drainage autogène et techniques PEP, parfois associé à des inhalations. L'avènement des modulateurs CFTR (Kaftrio) a modifié les besoins mais n'a pas supprimé la place de la kiné. Voir Mucoviscidose : kiné respiratoire quotidienne.

4.3 Post-opératoire (thoracique, abdominal haut, cardiaque)

La kiné respi post-opératoire est recommandée pour prévenir les atélectasies et les pneumopathies post-opératoires, complications fréquentes après chirurgie thoracique (lobectomie, pneumonectomie), abdominale haute (chirurgie sus-mésocolique, bariatrique) et cardiaque (pontage, valves). Elle associe ventilation dirigée, spirométrie incitative, lever précoce et désencombrement. Voir Kiné respiratoire post-opératoire : guide pratique.

4.4 Asthme de l'adulte

Chez l'adulte asthmatique, la kiné respi a une place complémentaire au traitement pharmacologique (corticoïdes inhalés, bronchodilatateurs). Elle peut intervenir en éducation ventilatoire, en travail des cofacteurs (déconditionnement, dysfonction respiratoire fonctionnelle) et en réentraînement à l'effort dans l'asthme sévère. Les techniques type Buteyko font l'objet d'un consensus prudent (preuves limitées). Voir Asthme adulte : kiné respiratoire, place & limites.

4.5 Dilatation des bronches (DDB)

Les DDB sont une indication classique de kiné respi quotidienne par drainage autogène, AFE adapté, PEP, dans un cadre coordonné avec le pneumologue.

4.6 Post-Covid et essoufflement persistant

Pour les patients présentant un essoufflement persistant et un déconditionnement après une infection à SARS-CoV-2, un réentraînement progressif supervisé est proposé, sous réserve de dépister le PEM (post-exertional malaise) caractéristique de certains tableaux de Covid long, qui contre-indique une montée d'intensité brutale. Voir Post-Covid long : rééducation respiratoire 2026.

5. Comment se déroule une séance ?

5.1 Le bilan-diagnostic kinésithérapique (BDK)

La première séance est consacrée au BDK, prévu par la NGAP. Le kiné :
  • recueille l'anamnèse (motif, antécédents, traitements en cours, examens disponibles : EFR, gaz du sang, imagerie) ;
  • procède à un examen clinique respiratoire (auscultation, mesure de la SpO₂, fréquence respiratoire, observation du tirage) ;
  • évalue la dyspnée (échelle mMRC, Borg) et la qualité de vie (CAT pour la BPCO) ;
  • évalue la tolérance à l'effort (test de marche de 6 minutes en réhabilitation) ;
  • établit un projet thérapeutique avec des objectifs concrets et un compte-rendu adressé au médecin prescripteur.

5.2 Le contenu d'une séance type

Selon la pathologie, une séance combine typiquement :
  • une phase de désencombrement (AFE, drainage autogène, PEP) ;
  • un travail de ventilation dirigée ;
  • pour la réhabilitation, du réentraînement à l'effort (vélo, marche, renforcement) ;
  • de l'éducation thérapeutique (technique d'inhalation, économie d'effort, gestion des exacerbations, sevrage tabagique relais médecin).

5.3 Durée et fréquence

  • Durée : 20 à 30 minutes pour une séance de désencombrement adulte, 30 à 45 minutes pour un BDK ou une séance de réentraînement, 15 à 25 minutes chez le nourrisson lorsqu'une indication est retenue.
  • Fréquence : quotidienne en muco, 2 à 3 fois par semaine en réhabilitation BPCO, séances rapprochées en post-opératoire immédiat puis espacées, ponctuelle en bronchiolite avec indication particulière.

6. Accès et remboursement

6.1 Prescription et accès direct

L'acte est facturé en AMK selon la Nomenclature générale des actes professionnels (NGAP). Pour ouvrir droit au remboursement, la séance est en principe prescrite par un médecin. La loi du 19 mai 2023 a ouvert un accès direct dans les structures de soins coordonnés, avec un déploiement progressif. Voir Lombalgie et kiné : le guide complet pour le cadre transversal.

6.2 Remboursement Sécurité sociale

L'Assurance Maladie rembourse 60 % du tarif conventionnel pour les MK conventionnés de secteur 1. Le ticket modérateur (40 %) reste à la charge du patient ou de la complémentaire santé. À ce ticket modérateur peuvent s'ajouter participation forfaitaire ou franchise médicale dans les conditions fixées par la réglementation.

6.3 Cas de l'ALD

Plusieurs pathologies respiratoires sont inscrites sur la liste des affections longue durée (ALD 14 pour l'insuffisance respiratoire chronique grave, ALD 18 pour la mucoviscidose). Les actes en lien direct avec l'affection peuvent alors être pris en charge à 100 % du tarif conventionnel.

6.4 Tiers payant et mutuelle

Le tiers payant peut être proposé par certains cabinets sur la part Sécurité sociale, sur la part mutuelle, ou sur les deux. La majorité des contrats responsables couvrent le ticket modérateur sur les actes conventionnés. La grille tarifaire en vigueur est publiée sur ameli.fr et peut être révisée par avenant à la convention.

7. Quand consulter en urgence plutôt qu'en cabinet ?

Certains signes imposent une consultation médicale immédiate (médecin traitant, urgences pédiatriques, SAMU 15) plutôt qu'un rendez-vous en cabinet de kiné.

7.1 Chez le nourrisson (drapeaux rouges bronchiolite)

  • tirage intercostal ou sus-sternal intense ;
  • fréquence respiratoire supérieure à 60/min au repos, en dehors des pleurs ;
  • apnée (pause respiratoire) ;
  • cyanose (lèvres, extrémités) ;
  • refus de boire plus de la moitié des biberons sur 2 prises consécutives, déshydratation ;
  • somnolence inhabituelle ou irritabilité importante ;
  • âge inférieur à 6 semaines, prématurité ou comorbidité connue.
En présence de l'un de ces signes, contactez le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences pédiatriques. Voir Bronchiolite bébé : signes d'alerte et urgences.

7.2 Chez l'adulte

  • dyspnée d'apparition brutale, douleur thoracique ;
  • cyanose, sueurs profuses, agitation ou troubles de la conscience ;
  • expectoration sanglante (hémoptysie) ;
  • fièvre élevée avec frissons, dans un contexte respiratoire ;
  • en BPCO connue : exacerbation sévère avec aggravation rapide de la dyspnée.
Ces situations relèvent du 15 (SAMU) ou des urgences, pas du cabinet de ville. Le kiné respi intervient en relais, après la phase aiguë médicalisée.

8. Pour aller plus loin

Le cluster kiné respiratoire Mayako regroupe les articles suivants : Pour le cadre transversal de la kinésithérapie (accès direct loi 2023, remboursement, BDK), voir aussi Lombalgie et kiné : le guide complet. --- Trouver un kinésithérapeute respiratoire près de chez vous Vous cherchez un MK formé à la kinésithérapie respiratoire ? Mayako référence les masseurs-kinésithérapeutes inscrits au RPPS. Filtrez par ville et par spécialisation. ➜ Consulter l'annuaire Mayako KinésithérapeuteVoir les kinés à Paris. --- Cet article a une vocation informative. Il ne remplace pas l'avis d'un masseur-kinésithérapeute diplômé d'État, d'un médecin traitant, d'un pneumologue ou d'un pédiatre. En cas de dyspnée brutale, de cyanose, de douleur thoracique, de signes d'aggravation chez un nourrisson (tirage, refus de boire, apnée), contactez le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences. Sources : Haute Autorité de Santé (HAS), GOLD Report 2024, Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF), Inserm, Assurance Maladie (Ameli), Cochrane Database of Systematic Reviews, CNOMK, Légifrance. Liens en rel="nofollow noopener". Dernière vérification : 16 mai 2026.

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Questions fréquentes

La kiné respiratoire est-elle toujours recommandée pour la bronchiolite du nourrisson ?

Non, pas en routine. Les recommandations HAS de novembre 2019 ne recommandent plus la kinésithérapie de désencombrement (AFE) systématique chez le nourrisson hospitalisé ou ambulatoire présentant une bronchiolite aiguë non compliquée. Elle peut rester indiquée dans des cas particuliers (pathologie sous-jacente, encombrement majeur documenté), après évaluation médicale.

Qui pratique la kinésithérapie respiratoire en France ?

Les masseurs-kinésithérapeutes diplômés d'État (DEMK) inscrits au RPPS. Certains complètent leur formation initiale par un DU de kinésithérapie respiratoire et réanimation, ou des formations Postiaux pour la pédiatrie.

Faut-il une ordonnance pour consulter un kiné respiratoire ?

En principe oui, pour ouvrir droit au remboursement. Depuis la loi du 19 mai 2023, un accès direct est possible dans certaines structures de soins coordonnés (CPTS, MSP), avec un déploiement progressif.

Combien de temps dure une séance ?

En général 20 à 30 minutes, parfois plus pour un bilan initial ou une séance de réentraînement à l'effort. La fréquence dépend de la pathologie (quotidienne en muco, 2 à 3 fois par semaine en réhabilitation BPCO).

La kiné respiratoire est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?

Oui, à hauteur de 60 % du tarif conventionnel sur prescription médicale valide. Le ticket modérateur peut être pris en charge par la complémentaire santé. En ALD (BPCO sévère, mucoviscidose), la prise en charge peut atteindre 100 % du tarif conventionnel pour les actes en lien avec l'affection.

Qu'est-ce que la technique AFE ?

L'augmentation du flux expiratoire (AFE) est une technique manuelle de désencombrement bronchique fondée sur une compression douce du thorax pendant l'expiration. Elle a longtemps été le pilier de la kiné respi pédiatrique en France, mais son intérêt en routine sur la bronchiolite a été remis en question par la HAS en 2019 sur la base de méta-analyses Cochrane.

Quelle différence entre kiné respiratoire et réhabilitation respiratoire ?

La kiné respiratoire désigne l'ensemble des techniques (désencombrement, ventilation, réentraînement). La réhabilitation respiratoire est un programme structuré et pluridisciplinaire (kiné, médecin, diététicien, psychologue) sur 6 à 8 semaines, recommandé par GOLD et la SPLF pour la BPCO modérée à sévère et certaines maladies respiratoires chroniques.

Mon bébé tousse beaucoup la nuit, dois-je l'amener chez un kiné respi ?

Si votre bébé a moins de 12 mois et présente un premier épisode de bronchiolite simple, la HAS ne recommande pas la kiné en routine. La conduite à tenir privilégie le désencombrement rhinopharyngé (DRP) au sérum physiologique, le fractionnement des biberons et l'hydratation. En cas de signes d'aggravation (tirage intense, refus de boire, cyanose, fièvre élevée), consultez en urgence.

La kiné respiratoire peut-elle aider après une chirurgie ?

Oui. Elle est recommandée en post-opératoire de chirurgie thoracique, abdominale haute et cardiaque pour prévenir les atélectasies et pneumopathies post-opératoires, par techniques de ventilation dirigée, désencombrement et lever précoce. Cf. notre article dédié post-opératoire.

La kiné respiratoire aide-t-elle dans le Covid long ?

Pour les patients présentant un essoufflement persistant ou un déconditionnement post-Covid, un réentraînement progressif supervisé peut être bénéfique, sous réserve d'un dépistage du PEM (post-exertional malaise). La SPLF et l'Inserm ont publié des repères pour adapter l'intensité.
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